Posted by: eric | Samedi 24 mai 2008

Cannes ou le pays du buzz permanent

Cannes, c’est un peu le pays du buzz permanent. Tous les dix mètres sur la Croisette (parce que deux rues derrière, c’est le calme plat), l’agitation frénétique amène à penser qu’il va se passer un truc important dans les secondes qui viennent, ici même, sous vos yeux ébahis. Les vigiles jouent des coudes et de leur autorité pour renforcer ce sentiment. Pourtant, 9 fois sur 10, rien ne bouge ; le buzz qui tombe à l’eau en somme. Enfin, certains considèrent qu’apercevoir un people (catégorie encore à définir même si tout le monde dans ce périmètre cannois se pense manifestement un peu people) derrière les vitres teintées d’une Renault reste un évènement.

Ce bourdonnement est rapidement épuisant. Bien plus que la vision de films (suivis bien entendu de soirées, car qui dit film à Cannes dit soirée), c’est ce plongeon dans cette concentration de jet-set et paillettes… douteuses qui est éprouvant.

Il y a d’abord les officiels, ceux qui arborent fièrement autour de leur coup, leur badge equipé d’un cordon Festival de Cannes. Eux, ils en sont. Ce sont les professionnels, ou identifiés comme tels. Ils ont souvent l’air lessivé dès les premiers jours.

Ensuite, on trouve une diversité bien plus forte que ce que l’on pourrait imaginer. De la famille en train d’ingurgiter son McDo sur les bancs de la Croisette, aux putes de luxe, en passant par les petits vieux assis au milieu de ce chaos, les ados en costume trop grand, les jeunes poufs aux talons aussi grands que leur inexpérience sur ces échasses, les (pseudos ?) pro du spectacle le cigare aux lèvres et le téléphone à l’oreille, les chauffeurs persuadés qu’ils ont le métier le plus important du monde pour se permettre si besoin d’écraser un encombrant piéton, les indiens chantants (oui c’est ça ! les éternels indiens que l’on retrouve sur tous les festivals qui s’époumonent en tapant des pieds, et jettent leur dernier souffle dans leur flûte, agitant leurs plumes avec leurs enceintes saturées et à l’agonie), sans oublier les starlettes toujours affublés de lunettes de soleil à 21h, les putes qui se font prendre en photos devant des vitrines de luxe de la Croisette (je sais cela fait beaucoup de putes sur un kilomètre de rue!), sans oublier les mecs aux allures de rebelles dans leur caisse à 100 000€.

Autant de cons qu’ailleurs en somme… hum ? Peut-être un peu plus tout de même.

Posted by: eric | Mercredi 14 mai 2008

Samedi consommation

Le samedi, c’est jour de courses. Les centres commerciaux dégueulent leurs musiques hystériques jusqu’aux moindres recoins de parkings de milliers de places. Ces rythmes frénétiques entrecoupés de voix publicitaires sont censés convaincre le chaland de jeter son dévolu sur cet énième produit dont il n’a, depuis son cinquième exemplaire, guère plus besoin. Pourtant, il se laissera si souvent convaincre.

Pas assez de pouvoir d’achat, toujours plus de vouloir d’achat. C’est l’équilibre précaire de notre système économique : l’insatisfaction permanente.

Le coût réel est en tout cas bien plus important que celui inscrit au bas du ticket de caisse.

Des zones littorales sont défigurées en vastes centres commerciaux, les cubes de tôle se juxtaposent sans autre limite que la mer… et encore. Lorsque les moyens sont là, des polders permettront d’aller défigurer l’horizon un peu plus loin, toujours un peu plus loin. L’uniformisation des entrées de ville va bon train. A tel point que les entrées de ville ont ici disparu ; ce n’est plus qu’un continuum de béton et carcasses de tôles qui fait la liaison entre les centres villes. Le relief a parfois réussi à préserver quelques perles et joyaux. Pourtant les efforts des architectes (avec la bénédiction des élus) pour veiller à proposer les bâtiments les plus « hors sols » possibles sont impressionnants. Même les McDo, et leur totem surmonté d’un M jaune peuplant les ciels de tous les pays du globe, apparaissent intégrés à côté de certains nouveaux bâtiments.

Devant ces carcasses de ferrailles, les places de parkings ne suffisent jamais pour le samedi après-midi. Peu importe, si 80% du temps, ils sont vides aux trois quarts et ne servent guère qu’aux amateurs de tuning. Mais le samedi, il faut battre des records d’ingéniosité pour trouver une place… L’abondance de mobilité conduit au plus bel embouteillage. Cela fait des années, des décennies que certains nous ont prévenues, et pourtant rien n’y fait. Notre aveuglement persiste. Une fois extirpé de ce vaste no man’s land de stationnement, les routes sont elles aussi saturées.

Heureusement, les luttes actuelles (on a les luttes que l’on mérite…) pour le droit de consommer le dimanche, pour le droit d’être considéré comme un consommateur du lundi au dimanche ; permettront d’amortir routes et parkings surdimensionnés sur sept jours ouvrés. La consommation illimitée est la clé de tous nos problèmes.

A côté, à quelques centaines de mètres de ces étendues désolantes, quelques lieux de quiétude inespérés résistent encore. Pour combien de temps ? C’est pour quand le drainage et la viabilisation de ces derniers marécages, bois, prairies au nom de notre sacro-saint pouvoir d’achat ?

Posted by: eric | Samedi 3 mai 2008

En Mai, fait ce qu’il te plait…

Mai, c’est un peu le coup d’envoi de la saison. Si le soleil arrive à s’installer fin avril, cela peu partir un peu plus tôt mais rien ne vaut les ponts de mai et ses week-ends-ends prolongés. Le festival de Cannes et le grand prix de Monaco apportent eux aussi leurs lots respectifs de touristes.

Pour l’heure, les occupations sont moins extravagantes. Quoique…

Ils arrivent sur la plage, « blancs comme des c… », et repartent « rouges comme des gratte-c… ». Vulgaire comme expression, certes.

Mais il faut les voir. Alors que le thermomètre flirte enfin avec vingt légers degrés, s’installent ces masses de chaires incolores (car la peau rouge écarlate est bien incolore), plus ou moins informes (car après plusieurs mois sous costume ou tailleur, les shorty et deux-pièces sont intransigeants), avachies sur le sable.

Le soleil, encore faiblard en comparaison du zénith estival, semble liquéfier toutes velléités. Vers 17h, certains esquissent tout de même un déplacement vers la caravane-buvette qui se tient au pied des remparts antibois. La partie est gagnée pour eux, les heures les plus chaudes sont passées, et ils sont persuadés que leur teint hâlé sera du meilleur effet dès le soir venu. Pour quiconque arrive sur la place à cet instant, l’impression dominante est évidemment celle de se retrouver au beau milieu d’un panier de crevettes roses. Pas plus de mouvements (mis à part les marmots infatigables), et le même ton dominant pour les chairs encore ensoleillées.

Les touristes sont donc bien là. Un peu comme toujours lorsque le soleil brille ici. Les lundi soirs pluvieux, dans les ruelles du vieil Antibes, ils sont moins téméraires évidemment…

Antinomie éternelle entre ces étendues de sable hivernales semblant ne présenter aucun intérêt aux yeux des passants et ces plages paradisiaques surpeuplées de corps épuisés, une fois l’été arrivé.

Posted by: eric | Dimanche 27 avril 2008

Consommation versus beaux jours…

Les beaux jours s’installent enfin. Les vendeurs savent bien que leur clientèle va être de plus en plus volage, surtout pour toutes les inutilités habituelles. Alors, en dernier ressort, ils sortent les arguments qui font mouche, ou en tout cas, qui sont censés faire mouche :

“Non, mais je sais bien que c’est embêtant quand c’est pas prévu dans le budget. Mais une affaire comme ça… Il vaut mieux ne pas la laisser passer.

L’opération est finie depuis 10 jours. Mais…Il nous reste cinq ordinateurs parce que l’on a eu un réapprovisionnement. Par contre, on en aura pas d’autres. C’est sûr.

Et puis, en plus, il est beau. Bon, c’est pas l’essentiel la beauté mais c’est un plus ! “

Le potentiel acheteur, malgré autant d’arguments irréfutables, s’en ira pourtant aussi léger qu’à son arrivée.

Posted by: eric | Mercredi 23 avril 2008

Fin d’époque ?

Il fut un temps où l’essence ne coûtait rien. A cette époque, des utilisations aussi inutiles que grotesques en étaient faites.

Ainsi, des camions publicitaires parcouraient les villes avec tout simplement une affiche 4×3 étalée sur chacun de leur flanc. Ainsi, aussi ahurissant que cela puisse paraître, des gens payaient pour apposer leur publicité sur un véhicule qui allait sillonner des routes sur lesquelles des automobilistes, eux aussi , déambulaient presque sans fin. Tout cela ressemblait à un vaste cirque qui aurait pu être bien comique s’il n’était désolant.

Ce temps existe toujours en fait. En tout cas, sur la côté d’Azur. Il y a des camions publicitaires. Ce jour, un d’eux était planqué dans le parc de la Valmasque ; parce qu’ils ne peuvent stationner où ils veulent évidemment… Mais il y plus grotesque dans le concept de la publicité déambulatoire .

Il y a les avions à banderoles.

L’inanité de la publicité est sans fin, pas comme le pétrole en tout cas. Peut-être que ce genre d’absurdités se perpétuent parce que notre précieux or noir ne coûte pas encore assez cher.

« A 10 francs le litre, on ne roulera plus » entendait-on à la bonne époque. Nous y sommes, et pourtant, les velléités des automobilistes et divers utilisateurs du précieux fluide semblent encore bien faibles.

Verra-t-on encore ces absurdes coucous, survoler les plages cet été, en tirant une banderole promotionnelle pour les saucisses et merguez en promotion au supermarché du coin (véridique en 2007!) ou bien le prix du baril de pétrole aura-t-il eu raison de ces courses imbéciles et insupportables ?

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