Cannes, c’est un peu le pays du buzz permanent. Tous les dix mètres sur la Croisette (parce que deux rues derrière, c’est le calme plat), l’agitation frénétique amène à penser qu’il va se passer un truc important dans les secondes qui viennent, ici même, sous vos yeux ébahis. Les vigiles jouent des coudes et de leur autorité pour renforcer ce sentiment. Pourtant, 9 fois sur 10, rien ne bouge ; le buzz qui tombe à l’eau en somme. Enfin, certains considèrent qu’apercevoir un people (catégorie encore à définir même si tout le monde dans ce périmètre cannois se pense manifestement un peu people) derrière les vitres teintées d’une Renault reste un évènement.
Ce bourdonnement est rapidement épuisant. Bien plus que la vision de films (suivis bien entendu de soirées, car qui dit film à Cannes dit soirée), c’est ce plongeon dans cette concentration de jet-set et paillettes… douteuses qui est éprouvant.
Il y a d’abord les officiels, ceux qui arborent fièrement autour de leur coup, leur badge equipé d’un cordon Festival de Cannes. Eux, ils en sont. Ce sont les professionnels, ou identifiés comme tels. Ils ont souvent l’air lessivé dès les premiers jours.
Ensuite, on trouve une diversité bien plus forte que ce que l’on pourrait imaginer. De la famille en train d’ingurgiter son McDo sur les bancs de la Croisette, aux putes de luxe, en passant par les petits vieux assis au milieu de ce chaos, les ados en costume trop grand, les jeunes poufs aux talons aussi grands que leur inexpérience sur ces échasses, les (pseudos ?) pro du spectacle le cigare aux lèvres et le téléphone à l’oreille, les chauffeurs persuadés qu’ils ont le métier le plus important du monde pour se permettre si besoin d’écraser un encombrant piéton, les indiens chantants (oui c’est ça ! les éternels indiens que l’on retrouve sur tous les festivals qui s’époumonent en tapant des pieds, et jettent leur dernier souffle dans leur flûte, agitant leurs plumes avec leurs enceintes saturées et à l’agonie), sans oublier les starlettes toujours affublés de lunettes de soleil à 21h, les putes qui se font prendre en photos devant des vitrines de luxe de la Croisette (je sais cela fait beaucoup de putes sur un kilomètre de rue!), sans oublier les mecs aux allures de rebelles dans leur caisse à 100 000€.
Autant de cons qu’ailleurs en somme… hum ? Peut-être un peu plus tout de même.
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