Mai, c’est un peu le coup d’envoi de la saison. Si le soleil arrive à s’installer fin avril, cela peu partir un peu plus tôt mais rien ne vaut les ponts de mai et ses week-ends-ends prolongés. Le festival de Cannes et le grand prix de Monaco apportent eux aussi leurs lots respectifs de touristes.
Pour l’heure, les occupations sont moins extravagantes. Quoique…
Ils arrivent sur la plage, « blancs comme des c… », et repartent « rouges comme des gratte-c… ». Vulgaire comme expression, certes.

Mais il faut les voir. Alors que le thermomètre flirte enfin avec vingt légers degrés, s’installent ces masses de chaires incolores (car la peau rouge écarlate est bien incolore), plus ou moins informes (car après plusieurs mois sous costume ou tailleur, les shorty et deux-pièces sont intransigeants), avachies sur le sable.
Le soleil, encore faiblard en comparaison du zénith estival, semble liquéfier toutes velléités. Vers 17h, certains esquissent tout de même un déplacement vers la caravane-buvette qui se tient au pied des remparts antibois. La partie est gagnée pour eux, les heures les plus chaudes sont passées, et ils sont persuadés que leur teint hâlé sera du meilleur effet dès le soir venu. Pour quiconque arrive sur la place à cet instant, l’impression dominante est évidemment celle de se retrouver au beau milieu d’un panier de crevettes roses. Pas plus de mouvements (mis à part les marmots infatigables), et le même ton dominant pour les chairs encore ensoleillées.
Les touristes sont donc bien là. Un peu comme toujours lorsque le soleil brille ici. Les lundi soirs pluvieux, dans les ruelles du vieil Antibes, ils sont moins téméraires évidemment…
Antinomie éternelle entre ces étendues de sable hivernales semblant ne présenter aucun intérêt aux yeux des passants et ces plages paradisiaques surpeuplées de corps épuisés, une fois l’été arrivé.
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