Le vent balaye le port Vauban. Le quai de la Grand Plaisance (appellation officielle), quai des milliardaires (patronyme local), est presque désert en cette fin d’hiver. Les yachts à moteurs et voiliers se cognent les uns aux autres, les câbles claquent contre les mats.
Les deux parkings, au pied des remparts, désertés par les touristes en cette difficile saison sont gagnés par une bien plus amusante occupation. La fête foraine.
Désuète, démodée, la fête foraine continue pourtant d’écumer les villes de province. Pendant l’hiver c’est la fête foraine des remparts. L’été, Antibes Land prend la relève, l’hiver c’est sordide. Triste destin des territoires alloués au tourisme ; le revers de la médaille en somme. L’été : les lumières, les feux d’artifices, les odeurs de barbe à papa, les marmots qui courent dans les allées bondées. L’hiver : les grilles fermées, les rafales de vent qui s’engouffrent dans les rues de manèges désertes.
La fête foraine des remparts prend donc la relève en période hivernale.
En ce samedi après-midi de février, à 17h les gamins sont déjà rentrés, il fait un peu frais.
Les auto-tamponneuses sont sagement stationnées sur les bords de piste. Les pinces ne s’évertuent plus vainement à attraper une effrayante peluche. Les canards tournent tranquillement sur le circuit aquatique sans qu’aucune ligne ne vienne les tenter. Et les churros froids s’apprêtent à finir à la poubelle.
Probablement, le dimanche après-midi, les enfant réinvestiront les allées abandonnées et repeupleront de leurs cris ces territoires provisoirement désertés.
Les fêtes foraines hivernales, on ne comprend pas toujours ce qu’elles font là ; heureusement, elles y sont.




