La semaine dernière, se jouait à la Cathédrale d’Antibes, le Grand Inquisiteur, extrait des Frères Karamazov de Dostoïevski. Soirée humide encore. Décidément ce mois de mars est particulièrement arrosé, l’assistance était donc fournie dans ce lieu saint.
Ivan lit à son frère Aliocha son poème sur le retour du Christ à Séville au 16ème siècle en pleine Inquisition. Le Cardinal, grand Inquisiteur, reproche alors au Christ son retour, bien trop tardif et qui ne sert plus à rien.
« Nous n’avons plus besoin de toi. Il est trop tard à présent. Tu as refusé le pouvoir, pour laisser la liberté à ton peuple alors qu’il ne la demandait pas. Ce qu’il demandait, et demande, c’étaient le mystère, le miracle et l’autorité ; et tu as refusé tout cela ».
Très beau texte, magnifiquement interprété dans un lieu atypique et qui se prête particulièrement à cette réflexion.
Dans ces semaines d’hystérie électorale, au moment de choisir nos élus locaux, certains candidats semblent promettre aux électeurs ces trois clés capables d’assurer leur salut (et surtout leur victoire) : le mystère (doutes, légendes, rumeurs, appartenances supposées, parfois réelles), le miracle (le don d’ubiquité avec un cumul des mandats assez extraordinaire pour certains favoris) et l’autorité (« la France a peur », les réponses proposées sont toujours les mêmes…).
Le peuple ne demande-t-il vraiment que cet asservissement ?



