
Pour les aficionados du tiercé-quarté-quinté+, il y a Vincennes… et Cagnes-sur-mer. Les hippodromes, bien sûr. Evidemment, il y a bien Enghien-les-bains et quelques hippodromes de province, Toulouse, Marseille, Nantes…Mais si vous prêtez bien l’oreille lors de l’annonce des courses sur France Inter, irrémédiablement, Cagnes revient. Cagnes-sur-mer, c’est du sérieux.
Après l’infâme zone commerciale de Villeneuve-Loubet et avant le bord de mer réaménagé tout récemment, mais toujours aussi minéral malgré les palmiers en pots, coincé entre la plage et la voie ferrée, se trouve justement l’hippodrome de Cagnes-sur-mer.
Le week-end dernier se déroulaient manifestement des courses à enjeux. Manifestement, parce que pour le novice de passage, « courses à enjeux » ne signifie pas grand-chose. Enfin, la télé était là ; Canal+ avec son camion La Grande Course aux premières loges. Le maire était là, à quinze jours des élections municipales, à faire des navettes entre l’hippodrome et on ne sait où. Il arrivait, il partait, il revenait, il remettait un prix, faisait la photo qui va bien, repartait. Emploi du temps habituel probablement.
L’ambiance qui règne là, ressemble à une sorte de douce euphorie. Ou apathie. Pas de cri, quelques frémissements, des brouhahas qui se lèvent, s’éteignent, repartent, une rumeur qui s’élève. Et par intermittence le grand calme. Retour aux guichets pour parier. Toutes les demi-heures, un « lâcher » de cheval vient donner sa dose d’adrénaline à un public averti…ou totalement novice. Le prix du Grand Galop, le Grand Prix du Conseil Général, la Grande Course… tout cela s’enchaînent dans une confusion totale pour le non initié. Et c’est extraordinaire, de penser aux milliers de parieurs dans leur PMU, devant leur écran, qui s’évertuent eux aussi à trouver l’improbable combinaison gagnante.
Evidemment, le gros des troupes présentes, ce sont les parieurs ! Mais pas tant de professionnels du pari que cela. Il y en a qui manifestement ne comprennent rien à la technique hippique, mais parient, parient, re parient, s’énervent, parient, re parient… Ca dure des heures, c’est vrai que l’après-midi passe vite ainsi, même si cela peut revenir assez ruineux. Mais il y a aussi des jeunes, des bandes de jeunes même, qui errent dans les couloirs des tribunes de béton glacé, qui s’habillent en survêtement, qui crachent par terre. Des jeunes en fait. Des petits vieux, pas des parieurs non, des petits vieux, qui arrivent en tout début d’après-midi ; se posent dans les tribunes, observent, une, deux, trois, quatre courses…ça dure tout un après-midi ainsi, et là, ça ne coûte presque rien. S’il fait un peu frais, ils rentreront à la cafétéria prendre un café. Sinon, pourquoi bouger, on est pas bien, là ?

Des petits couples d’amoureux, le côté romantique n’est pas immédiatement perceptible, mais…pourquoi pas.
Et puis des balayeurs, noirs, les balayeurs comme toujours en somme.
Enfin, c’est un lieu de vie assez commun en fait. Ah, non, un détail, la taille moyenne des gens présents dans l’enceinte du champ de course y est sensiblement plus petite que la norme à l’extérieur. Et rien que pour ça, même si l’on y comprend rien, les courses hippiques, cela mérite d’exister…




Je m’insurge: on parle cheval et Maisons-Laffitte n’est pas cité une seule fois !
Blague à part, j’ai moi aussi découvert les courses il n’y a pas longtemps, et il y a quand même moyen de passer de chouettes moments en famille les jours de courses. Sans parler des nocturnes à Auteuil ou Longchamp où l’on peut diner dans un cadre original et ludique pour à peine plus cher qu’un repas dans un Léon de Bruxelles banal…
Par jj le Vendredi 7 mars 2008
à 6:07