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Bleu
Fascinant, parce que c’est la couleur de l’espoir. Bleu azur.
Lorsque le soleil décline derrière l’horizon des baous en direction de Cannes, le ciel, après s’être enflammé jusqu’à rougir, retrouve sa teinte azurée, puis marine. Et lorsque les lumières, une à une, balisent les routes de la côte, la mer sombre dans ce bleu si délicieux et inquiétant.
Effrayant, parce que c’est celle de notre dépendance létale. Bleu pétrole.
Mass tourism
Les colonies de touristes en claquettes et shorts ont déjà largement commencé à déambuler dans les rues écrasées par le soleil. Les cars, ou taxis pour les plus aisés, déversent leurs lots de bonshommes fraîchement débarqués de l’aéroport devant les hôtels de luxe. De là, ils déboulent dans les transport en commun ou bus à impérial qui leur sont dédiés, et s’en vont gagner, cartes et guides en main, les principales attractions de la ville.
Si la côte d’Azur souffre de pas mal de maux liés au tourisme, là, elle semble encore épargnée.
Est-ce déjà une vieille dame qui ne passionne plus nos congénères exotiques ? Est-elle trop éloignée de la capitale pour que les groupes si organisés ne daignent claquer deux jours de leur quinzaine européenne pour entrapercevoir la Promenade des Anglais, Cannes, le Musée Matisse, Monaco, la rade de Villefranche, l’arrière-pays et prendre un verre pour souffler à la terrasse d’un glacier dans le vieux Nice ?
En contrepartie, elle a bien ses snacks miteux, ses plages circonscrites par la route à vingt mètres du rivage, ses flots de nouveaux riches des Emirats ou de Russie, ses soirées de si mauvais goûts, ses bords de mer défigurés par une urbanisation industrielle ; mais pas de groupes en claquettes, short, bob, débardeur, crème solaire sur les bras, et appareils photos en bandoulières. Sur le chemin du travail, l’autochtone azuréen ne risque guère de devoir affronter ces questionnements existentielles face à ces estivants errant dans le métro parisien : est-ce que je ressemblais vraiment à « cela » lors de ma semaine en Egypte « A la découverte de la vallée du Nil » avec mes claquettes, short, bob et débardeur ?
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Bague (s)
Vaine, et néanmoins fondamentale, question en face de ma voisine de train.
Cinq doigts par main seulement ; dix bagues pourtant.
Si elle avait le double de doigts, aurait-elle le double de bagues ?
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Monter des marches en se regardant le nombril
A Cannes, il y a évidemment les marches du palais. Austères au premier abord, les marches ont pourtant quelque chose de profondément comique. Passons sur les escabeaux plantés devant les marches et solidement arrimés aux barrières. Oui, parce qu’à Cannes, l’escabeau se vole facilement.
Ce qui vaut le coup, ce sont les pingouins qui les escaladent. Les marches, pas les escabeaux. L’équipe du film d’abord ; qui monte et pose, pose surtout, pendant une dizaine de minutes environ. Ensuite, vient la série des notables locaux et surtout la brochette d’illustres inconnus, ayant pour point commun d’être tous aussi étonnés que leurs voisins d’être là…mais pas peu fiers pour autant.
Jusque là rien d’extra ordinaire, presse et médias people nous régalent de ces futilités tous les jours pendant la quinzaine.
Les photographes officiels prennent des clichés des premiers, un peu moins des autres… Par contre, les seconds se chargent de prendre des photos d’eux-mêmes et des photographes qui ne prennent pas de photos d’eux ! Vous suivez ? Un peu compliqué tout cela ; mais observer des bonshommes qui prennent des photos d’eux-mêmes sur une moquette rouge face à un blockhaus moderne, cela a tout l’air d’être le syndrome du « moi aussi, j’y étais » qui se manifeste. C’est beau de regarder un monde qui se regarde…
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